Joint Commission International
(JCI) Accredited Hospital

DIABÈTE: COMMENT MIEUX RETARDER LES COMPLICATIONS

265,000 personnes âgées entre 25 et 74  ans étaient atteintes du diabète du type 2 en 2015 selon les estimations du rapport sur les maladies non-transmissibles.Cette situation est alarmante selon le Dr Iswaraj Ramracheya, diabétologue et consultant en endocrinologie à l’hôpital Apollo Bramwell. Il nous donne son point de vue sur la situation. Ce Mauricien qui a longtemps exercé en Grande-Bretagne cite, entre autres, le mode de vie sédentaire, une alimentation peu saine et pas équilibrée comme les facteurs de risque. 

Quels sont les autres facteurs ?     
Le rapport sur les maladies non-transmissibles montre aussi que 22,8 % des Mauriciens ont le diabète du type 2 dans le même groupe d’âge mais aussi qu’entre 19 à 25 % de la population était pré-diabétique. Si on prend les deux chiffres, c’est environ un Mauricien sur deux est soit pré-diabétique ou diabétique. C’est très élevé !

Le problème à Maurice c’est qu’on trouve à manger un peu partout. La qualité laisse souvent à désirer et en plus on mange en trop grande quantité surtout en ce qu’il s’agit du riz dont la portion est souvent trop grosse en comparaison avec la quantité de légumes. Ce qui a entraîné une nouvelle situation où nombreux sont ceux qui ont de gros ventres. Ajouté à cela ils sont très peu à pratiquer une activité physique. On est dans la sédentarité. Ce qui m’amène à nouveau à citer le rapport sur les maladies non-transmissibles qui indique que  la prévalence de l’obésité était de 45,5 %, soit  presque la moitié de la population.

J’ajoute aussi que Maurice est le carrefour de différentes cultures et origines ethniques. Ceux qui sont d’origine africaine et asiatique sont génétiquement plus enclins d’avoir le diabète. Le pays étant petit il y a souvent des mariages mixtes ce qui fait que ce pool génétique est en train de s’élargir. 

Comment qualifiez-vous donc cette situation ?
Ce n’est pas uniquement alarmant mais c’est une bombe à retardement qui peut exploser à n’importe quel moment. Même si le rapport indique qu’il y a eu une légère baisse dans la prévalence du diabète de 2009 à 2015, il faut prendre en considération que l’étude a été menée sur une petite frange de la population. Ce qui n’est pas assez représentatif.

Que devrait-on faire pour remédier à la situation ?
Les autorités le font sans doute déjà mais il faudrait en plus faire prendre conscience aux personnes atteintes du diabète de l’importance de bien contrôler leur maladie. On devrait aussi leur expliquer les différentes facilités qui existent pour les aider à faire face à la maladie et qu’il faut bien gérer le diabète. Il faut aussi faire comprendre à ceux qui ont un taux de diabète qui n’est pas très élevé qu’ils ne vont pas nécessairement ressentir les symptômes de la maladie mais que cela ne veut pas dire qu’ils ne sont pas malades.

Selon la tendance à Maurice ce n’est que quand les symptômes apparaissent qu’on va voir un médecin. Mais il est déjà trop tard car il peut y avoir déjà de nombreuses complications. 

D’où l’importance du dépistage précoce ?
Il est important pour tout le monde de faire un test de dépistage précoce particulièrement ceux qui ont des facteurs de risque, c’est-à-dire ceux qui sont en surpoids ou qui ne pratiquent pas une activité physique régulière et ceux qui ont des antécédents familiaux.

Quelques signes devraient aussi inciter les personnes à faire un test de dépistage. Par exemple ceux qui ont une plus grande sensation de soif qui se réveillent la nuit pour boire ou uriner ou encore ceux qui, à la suite d’une blessure, constatent que la plaie prend du temps pour cicatriser.

Certaines personnes ont comme des tâches noires dans le cou. Ce n’est pas dû à un manque d’hygiène mais cela veut sans doute signifier qu’il y a une résistance à l’insuline.  Ils n’ont peut-être pas encore le diabète mais leur corps est en train de lutter contre la maladie.

D’autres peuvent avoir des excroissances sous les aisselles ou dans le cou. Cela peut être des signes que leur corps est en train de lutter contre le diabète. Si une personne remarque cela, elle doit faire des tests pour savoir si elle a le diabète ou non. 

Ceux qui sont déjà diabétiques doivent pour leur part faire des analyses régulièrement pour vérifier que leur taux de diabète est bien contrôlé. Si tel n’est pas le cas, il est recommandé de rencontrer un spécialiste pour réajuster le traitement s’il le faut.

À partir de quel âge faut-il faire ces tests de dépistage ?
Il n’y a pas un minimum d’âge requis pour cela. Si on tombe dans la catégorie des facteurs de risque que nous avons déjà énuméré il est bon de faire un test.

Certaines personnes seraient-elles plus disposées à contracter le diabète  à cause du facteur génétique ou d’une mauvaise hygiène de vie? 
C’est une combinaison du facteur environnemental, génétique et du style de vie. Ce mode de vie comprend la qualité et la quantité d’aliments qu’on consomme,  les d’activités physique qu’on pratique. 

Mais il y a aussi différentes formes de diabète tel le Maturity Onset Diabetes of the Young (MODY) qui est rare mais qui survient chez les personnes âgées de moins de 25 ans. On peut penser qu’il s’agit du diabète du type 1 mais ce n’est pas nécessairement le cas. Le traitement dans ce cas ce n’est pas avec des injections d’insuline mais avec des comprimés.

Qu’en-est-il si on souffre aussi de l’hypertension ?
Tout ce que nous essayons de faire, c’est réduire le risque d’avoir une crise cardiaque ou une attaque cérébrale. Diabète, hypertension, cholestérol, obésité sont autant de facteurs de risque que nous devons contrôler.

Si le taux de diabète n’est pas surveillé, le taux de cholestérol sera élevé. Si une personne est obèse, elle ne pourra pas contrôler son taux de diabète, sa tension artérielle sera forte et le risque d’avoir une crise cardiaque ou une attaque cérébrale sera aussi élevé.  En perdant du poids, le taux de cholestérol va baisser et le diabète sera mieux contrôlé. On n’aura pas à prendre beaucoup de médicaments non plus.

Les complications liées au diabète

D’un côté il y a les complications macro-vasculaires (grosses artères) et de l’autre, les micro-vasculaires (petites artères). En ce qu’il s’agit des grosses artères, le patient peut avoir des problèmes cardiovasculaires comme une crise cardiaque ou attaque cérébrale. Quand les petites artères sont affectées, cela pour toucher les nerfs des yeux et provoquer la cécité. Les reins peuvent aussi être affectés et entraîner une insuffisance rénale qui va nécessiter par la suite des sessions de dialyses.

D’autre part les artères des pieds peuvent avoir des problèmes au point où le malade perd toute sensation au niveau des pieds. En cas de blessure le patient ne  va rien ressentir et cela peut provoquer une infection. Quand les artères sont affectées, la circulation du sang ne se fait pas correctement d’où le fait que certains ont des problèmes d’érection. Des complications peuvent aussi survenir quand on fait des injections d’insuline. Des grosseurs peuvent alors apparaître.

C’est ce qu’on appelle le lipohypertrophie. Et à l’inverse si la peau a tendance à s’affaisser c’est le lipodystrophie. D’autres complications peuvent arriver dans la prise de médicaments où le taux de sucre peut descendre trop bas mettant le malade en état d’hypoglycémie. « Toutes les maladies ont leur lot de complications. Mais avec le diabète les complications qu’on peut avoir ne sont pas réversibles surtout en ce qu’il s’agit des problèmes macro-vasculaires » précise encore le médecin. D’où l’importance de bien contrôler son diabète. Car si on gère bien sa maladie on retarde le risque d’avoir des complications mais on ne peut pas les éviter malheureusement.

Éviter l’alcool et la cigarette
L’alcool et la cigarette sont parmi les produits qu’il faut éviter quand on a le diabète. Le Dr Ramracheya ne voit aucune utilité de fumer. En ce qu’il s’agit de l’alcool il explique que si on ne peut s’en passer, on peut le prendre avec modération car l’alcool a un grand effet sur le diabète. Il peut le faire monter ou descendre.  

Diabète ne veut pas dire privation
C’est une mauvaise conception de croire qu’on doit s’abstenir de manger ce qu’on aime quand on a le diabète selon le Dr Ramracheya. « On peut manger ce qu’on veut mais c’est à la quantité journalière qu’il faudrait faire attention », dit-il. Les produits qu’on dit destinés aux diabétiques ne sont pas aussi bons qu’on veut le faire croire.. En plus ils sont plus chers, précise-t-il.

Maurice au top mondial
En 2010, Maurice était au quatrième rang dans le monde en ce qu’il s’agit de la prévalence du diabète selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Et avec les maladies cardiovasculaires associées au diabète qui est la première cause de décès à Maurice, le pays se trouvait aussi au premier rang mondial pour les causes de mortalité.

Le diabète du type 1

Certains enfants sont atteints du diabète du type 1 à un moment de leur vie. Le Dr Ramracheya explique que cela survient quand le corps n’arrive pas à produire de l’insuline. Il y a alors des antis corps qui se forment et qui attaquent le pancréas qui produit de l’insuline qui contrôle le taux de sucre dans ne corps. Cela touche particulièrement les jeunes enfants ou adolescents mais peut survenir à l’âge adulte. Il n’y a pas de guérison mais on peut le contrôler assez bien et les personnes atteintes de diabète auront les mêmes complications que ceux du type 2 mais ce sont surtout les petites artères qui seront d’abord affectées, dit-il.

Pour lui, les patients devraient prendre le temps de discuter avec leur médecin pour savoir ce dont ils souffrent et ce qu’ils peuvent faire pour aller mieux. Mais il note qu’il y a un manque de communication entre les médecins et les patients à Maurice et que les patients ne posent pas assez de questions sur leur maladie. Il ajoute aussi qu’il y a un manque de spécialistes pour le diabète à Maurice compte-tenu de la quantité de patients. Cela pourrait expliquer pourquoi il y a autant de cas de complications à Maurice.

Source: http://defimedia.info/diabete-comment-mieux-retarder-les-complications accessed on 13.02.2017 at 11:27am.

Related medical services

Anaesthesia and Critical Care Medicine

Diabetology and Endocrinology

CENTRES OF EXCELLENCE

PATIENT TESTIMONIALS

Read more

Juste quelque mots pour vous remercie de votre acceuille chaleureuse, toujours competent avec les patients, surtout les infirmieres pediatriques, pour Sooreeta, Dr Kevin Teerovengadum, Dr Joomye, Mr Joe, Infirmiere Dorothe, ange gardienne Reshma et la chirurgienne Dr Reshma. Moi je suis fidele a l'hopital Apollo depuis 2009 par l'acceuil et leur sympathie. Je remercie tous les services. Meme ma fille, T., la patiente, elle veut pas quitte l'hopital.

M.S Abdallah
20.03.2017